Passé, présent et futur de Tokyo
Voir des vestiges de l’époque Edo, les grands magasins de luxe de Ginza, le théâtre Kabuki-za, Roppongi la nuit, en une seule journée. Le passé, le présent, et le futur de la mégalopole nippone. Traditions et modernité d’une ville époustouflante, vibrante, vivante. Malgré les bombardements de 1945, la capitale japonaise recèle des bâtiments anciens – dont certains ont été reconstruits après la guerre- qui côtoient des constructions futuristes. Vaste programme pour mon deuxième jour à Tôkyô.
Pour 200 Yens*, je choisis le bus, qui me permet de voir un peu plus la ville. Mauvaise surprise en cours de route, le bus s’arrête, ce n’est pas le terminus, mais tout le monde descend. Le chauffeur m’indique, en japonais dans le texte, où prendre le métro pour Tôkyô Station, et me klaxonne même lorsque je m’engage dans la mauvaise entrée.
Le voilà donc, le fameux métro tokyoïte. Réputé complexe, mais rapide. Mais complexe… Plusieurs sociétés sont en place, dont la Japan Rail. Face aux machines, seul moyen d’acheter des tickets, petit moment de solitude… Au dessus, des panneaux, tous différents, tous abstraits… Pas de panique, je prends mon temps, tente ma chance, et comme aux machines à sous, je gagne, monnaie plus ticket. Et si jamais je me suis trompée sur la somme, pas d’inquiétude, je peux réajuster à la sortie.




Retour vers le passé
Tôkyô Station, la bonne sortie, direction le Palais Impérial. La résidence de l’empereur depuis la restauration de Meiji en 1868 n’est visible que de loin, au-delà des murailles et des arbres. Situé au centre de Tôkyô, le Palais Impérial et ses jardins forment le plus grand espace vert de la capitale. Un musée voisin offre parait-il une vue imprenable la résidence impérial, mais comme tous les musées à Tôkyô, il est fermé le lundi, tout comme le parc Kôkyo Higashi gyoe juste à côté. Encore sous le coup du décalage horaire…




La balade dans le temps continue, direction le pont Nihon Bashi, construit pour la première fois en 1604. Il a servit pendant des siècles de point zéro pour établir les distances entre Tôkyô et les autres villes. Aujourd’hui, il est surplombé par une voie express…
Non loin de là, je rentre dans l’un des grands magasins les plus connus de la capitale : Takashimaya. Pas pour faire des emplettes, mais pour la vue, d’abord, sur la ville, du haut du dernier étage. Et surtout, pour admirer leur collection de kimonos et obis, tous plus précieux les uns que les autres. Des couleurs inconnues, des motifs minuscules, précis, poétiques. Je plane dans le vieux Japon.
Un bond dans le temps
Je ressors de là, et c’est le Japon moderne qui me cueille. Ginza, ses magasins luxueux, ses grandes enseignes internationales, Cartier, Rolex, Armani, Shiseido. L’avenue Chûô dôri, qui traverse le quartier, c’est un peu leurs Champs Elysées à eux.
Des femmes en kimonos traditionnels croisent celles en tailleurs chics. Tout le monde est soigné, la chaussure cirée et le costume repassé, je dénote un peu dans le paysage…
J’arrive au fameux crossing, au carrefour de Ginza, mais il est encore un peu tôt pour voir la foule se croiser quand le bonhomme passe au vert.



Dernière étape de ma promenade dans l’Histoire du Japon : le théâtre Kabuki-za, ouvert en 1889, mais le bâtiment actuel date de 1950. Les spectacles durent entre quatre et cinq heures. Un peu long quand vous ne comprenez pas le Japonais… Heureusement, il est possible d’assister à un seul acte, ce que je fais. Du haut du quatrième étage, vu plongeante sur la scène, mais aussi sur les spectateurs qui encouragent, rient, applaudissent. Les couleurs éclatantes des costumes et des maquillages semblent scintiller, même de là où je suis. Je découvre le jeu propre au Kabuki, né à l’époque Edo, extravagant, populaire, codifié, le moindre geste est une danse, la moindre parole est déclamée avec emphase, soutenue par des notes de shamisen**. Le récit épique m’échappe un peu, mais qu’importe, c’est surtout un régal pour les yeux.


L’acte terminé, je file dans le métro – ça y est, je gère… –, récupère rapidement mon sac-à-dos à l’auberge, puis file au sud de la ville, près des immenses tours de Roppongi, chez Minikitty.
Minikitty, c’est la jeune femme qui m’accueille pour la nuit sur son canapé. Elle est Américaine, et fait ses études au Japon depuis trois ans. Je ne la connais pas, ni d’un ami d’ami d’ami à elle. Ca s’appelle le couchsurfing***, excellent moyen de rencontrer des gens en voyageant. Pour une première expérience, je suis vernie. Michelle, de son vrai nom, est très prévenante, bavarde, curieuse, fan de la mode extravagante japonaise, couettes, chaussures compensées et robe tout droit sortie des mangas.

Une belle journée, à parcourir Tôkyô, et apprendre un peu plus à chaque pas de ce pays si différent et si riche.
Une belle soirée, à découvrir la mode nippone, me faire tirer les cartes, et bavarder jusqu’au bout de la nuit.
La belle vie, en somme !
* Environ 1,40 Euros
** Luth à trois cordes joué avec un plectre.
*** http://www.couchsurfing.org/
NDLR : Les photographies étant interdites dans le théâtre Kabuki-za, la photo des acteurs n'est pas de moi. Sinon, toujours plus de photos dans l'album "Tokyo".